1950. Dans le Maracanã, but de l’Uruguay : silence des brésiliens, le plus long de l’histoire du football. Peut-être est-ce à partir de ce moment-là que ce sport est devenu au Brésil une religion.

1964. Le coup d’Etat, les années noires : une cruelle défaite pour le Brésil et sa démocratie.

2014. Une année charnière pour le Brésil: celle de la Coupe du Monde et des cinquante ans du coup d’Etat.

PraFrenteBrasil04Nous sommes heureux de présenter, à l’occasion de cette 16e édition du festival, Allez Brésil ! et L’Année où mes parents sont partis en vacances, qui mettent en images ces deux thèmes. Comme le veut la tradition, nous vous invitons à découvrir les neuf films en compétition, mais aussi des documentaires récents et même un film d’animation, Rio 2096, Cristal du long métrage du dernier festival d’animation d’Annecy. Nous rendons également hommage au documentariste Eduardo Coutinho en vous permettant de (re)voir son œuvre emblématique, Un homme condamné à mourir, enfin restaurée.

Pour la première fois, deux films seront présentés lors de la soirée d’ouverture. Serra Pelada, tout d’abord, tragique épopée sur la fièvre de l’or, puis nous aurons l’honneur de recevoir le footballeur engagé Eric Cantona qui nous présentera Looking for Rio.

CORINTHIANSLa clôture, enfin, sera l’occasion de découvrir le documentaire Démocratie en noir et blanc, en avant-première.

En somme, une programmation exceptionnelle qui permet au public français de découvrir vingt-cinq films.

1970. Des souvenirs : ceux de la petite fille de 8 ans que j’étais alors. Tandis que le Brésil gagne la coupe du monde, la dictature se durcit, des chansons sont interdites, les adultes parlent à voix basse. Des hommes armés surveillent, depuis leur voiture, le passage dans notre rue: le DOPS – Département de l’Ordre Politique et Social. La vie de ma famille bascule avec le départ précipité de mon grand-père, qui rejoint à l’étranger de nombreux autres exilés.

Football et dictature: deux thèmes on ne peut plus actuels pour mieux comprendre notre histoire.

Cette édition est dédiée à deux grands citoyens brésiliens : Haity Moussatché, mon grand-père, et le remarquable réalisateur Eduardo Coutinho. Deux exemples pour notre pays.

Un grand merci, pour finir, à mon équipe et aux bénévoles : nous vous souhaitons à tous un bon festival !

Katia Adler

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