L’Ambassade du Brésil en France, partenaire du Festival du Cinéma Brésilien de Paris depuis sa première édition, célèbre cet événement majeur de la coopération cinématographique franco-brésilienne:

La 16e édition du Festival du Cinéma Brésilien de Paris nous offre l’occasion de réfléchir sur deux thèmes pertinents : la Coupe du monde de football et les 50 ans du coup d’État militaire au Brésil.

Qu’est-ce qui a changé au Brésil depuis 1964 et comment le football s’est-il transformé ces dernières décennies ? À l’époque du coup d’État, le Brésil était sorti vainqueur de deux éditions de la Coupe du monde et était en plein « règne » de Pelé, notre plus grand joueur jusqu’à aujourd’hui. Brasilia, la nouvelle capitale, avait été inaugurée depuis peu et les vents politiques du pays soufflaient dans différentes directions. La période marquait également le début de la Bossa Nova, et les belles chansons de Tom Jobim et Vinícius de Moraes gagnaient le monde.

1964 et l’installation de la dictature militaire transformeront le Brésil. Les trente années suivantes connaitront beaucoup de turbulences dans tous les domaines. Le Brésil se développe économiquement, mais les inégalités sociales se creusent. La persécution politique et la censure contraignent nos artistes et intellectuels à l’exil, et ils sont nombreux à se réfugier en France.

Dans ce contexte, la victoire du Brésil lors de la Coupe du Monde de 1970 est un symbole des contradictions et des paradoxes de l’époque : l’euphorie du 3e titre explose pendant la période la plus sombre de la dictature.

À la fin les années 70, le début de l’ouverture politique et le retour des exilés coïncident avec une crise économique sans précédent.C’est aussi le début d’une longue disette dans le football mondial pour le Brésil. La victoiresuivante ne viendra qu’en 1994, au moment où l’économie brésilienne commence à se stabiliser. Depuis, le pays chercheà atténuer les problèmes sociaux qui l’ont tellement miné et qui se sont aggravés pendant la dictature. S’il nous reste encore de nombreux défis à surmonter, nous avons déjà beaucoup avancé. Tout au long de cechemin, le cinéma brésilien a tenté de représenter ces évolutions. Dans cette édition du Festival du Cinéma Brésilien, nous verrons une sélection de films sur la dictature et sur notre grande passion nationale – le football.

J’espère que cesera une occasion pour chacun d’entre vous de connaître un peu mieux cette période intense de l’histoire du Brésil.

José Maurício Bustani
Ambassadeur du Brésil en France

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